Une première étude sur les occupations temporaires en Région bruxelloise

Un écosystème riche et diversifié avec un poids économique et social important

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Publié le 2 mars 2026

 

Occupation temporaire de l
Occupation temporaire de l'hospice Pacheco
 
Le paysage économique et organisationnel de l’occupation temporaire en Région bruxelloise a fait l’objet d’une étude menée par le Guichet des occupations temporaires, mis en place conjointement par perspective.brussels et citydev.brussels. 126 projets actifs en 2023 ont été cartographiés. Les résultats dressent le portrait d’un écosystème riche et diversifié. Les projets temporaires sont fortement ancrés dans le tissu associatif, avec des modèles de financement et de gouvernance très variés. Ces enseignements constituent une base importante pour renforcer l’accompagnement aux projets temporaires à Bruxelles.

Un moteur de développement urbain

L’occupation temporaire s’impose depuis quelques années comme un levier important du développement urbain à Bruxelles. Des bâtiments inoccupés et des terrains vacants sont activés temporairement dans l’attente d’un développement (ou redéveloppement). En testant de nouvelles activités et fonctions, un projet temporaire peut devenir un moteur de revalorisation urbaine et préfigurer l’avenir d’un site.

Depuis 2023, le Guichet des occupations temporaires accompagne les porteurs de projets et les propriétaires d’espaces vacants. Les projets temporaires témoignent d’une grande diversité avec activités culturelles et événementielles souvent bien visibles, mais aussi de l’hébergement, de l’animation de quartier et des initiatives artistiques et économiques. Par contre, les modèles économiques et les modèles de gouvernance de ces projets étaient jusqu’ici moins documentés. Une étude a dès lors été lancée en avril 2024, portant sur les projets d’occupation temporaire actifs en 2023, avec l’appui de l’asbl ERU – Urbanisme ainsi que de la coopérative française Plateau Urbain.

Sur la base de 21 entretiens qualitatifs approfondis et de visites de terrain, complétés par une enquête en ligne, l’étude a permis d’analyser 126 projets d’occupation temporaire actifs en 2023.

Au total, 29 opérateurs et propriétaires publics et privés ont été associés à la recherche. Par ailleurs, 71 parmi les 126 projets sont localisés sur 3 communes : Bruxelles-Ville, Anderlecht et Molenbeek-Saint-Jean. En effet, la grande majorité des projets temporaires semble se concentrer à l’intérieur de la première couronne de la Région et à proximité du canal.

Un ancrage fort dans le tissu associatif

L’analyse des modèles économiques des opérateurs interrogés a mis en avant plusieurs tendances remarquables :

  • Un ancrage solide dans le tissu associatif bruxellois. Trois opérateurs sur quatre (dans l’échantillon) disposent du statut d’ASBL. Les structures fonctionnent souvent avec une organisation souple, reposant sur une petite équipe de base complétée par des bénévoles.
  • L’occupation temporaire au cœur des modèles. Pour 9 opérateurs parmi ceux interrogés, au moins 75 % des revenus proviennent de l’occupation temporaire (par rapport à d’autres activités). Ces revenus sont notamment liés aux prestations d’accueil solidaire, à la mise à disposition d’espaces d’activités ou résidentiels, à l’organisation d’activités et d’animations, ainsi qu’à la vente des boissons et/ou nourriture.
  • Des surfaces de gestion très variables selon les opérateurs. Certains gèrent des espaces très vastes, souvent dans des bâtiments industriels ou commerciaux reconvertis, tandis que d’autres se concentrent sur des unités plus restreintes, comme un logement. En moyenne, un opérateur gère environ 2.000 m² d’occupations temporaires.
  • Les critères principaux de sélection d’un site par les opérateurs sont la durée d’occupation, la localisation et la surface. En moyenne, les opérateurs indiquent par ailleurs rechercher des lieux disponibles pour minimum deux ans.

Une grande diversité de projets, mais des modèles d’exploitation fragiles

L’étude confirme que la Région bruxelloise dispose d’un écosystème riche et diversifié de projets temporaires. Les rencontres et l’analyse des pratiques mettent cependant en évidence plusieurs enjeux structurants. En particulier : les modèles économiques des porteurs de projet sont difficiles à stabiliser. La gestion de sites en occupation temporaire exige une implication humaine importante, la maîtrise d’un large spectre de compétences (techniques, financières, logistiques, administratives, juridiques) et souvent le développement d’activités complémentaires pour atteindre un équilibre financier. D’où l’intérêt d’un accompagnement par les acteurs publics.

Vers un accompagnement renforcé

Plusieurs pistes d’évolution sont identifiées en lien avec les missions du Guichet des occupations temporaires :

  • Prioriser les projets en lien avec les objectifs régionaux ou en fonction des besoins spécifiques d’un quartier ;
  • Adapter les outils d’accompagnement et soutenir les propriétaires dans la mise en occupation temporaire, afin de faire émerger des projets répondant aux enjeux;
  • Poursuivre le renforcement de l’action du Guichet, en mobilisant les acteurs concernés et en s’inspirant des pratiques développées dans d’autres métropoles européennes.

Grâce à cette étude, la Région dispose d’une meilleure compréhension du paysage des occupations temporaires en Région bruxelloise et l’identification des leviers permettant d’en accompagner les évolutions.

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Les occupations temporaires en Région bruxelloise

Modèles économiques, gouvernance et perspectives européennes

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